"L'avenir n'est fait que d'incertitude. Humains et éphémères, nous l'oublions trop souvent". Ahouansou Séyivé

samedi 30 avril 2011

Pour qui nous prend-on? Pour qui nous prenez-vous!!!

Plus de 4 millions de chômeurs, 900000 ménages surendettés, une société au bord de l'implosion, une jeunesse désabusée, les fins de mois difficiles remplacées par des débuts de mois asphyxiants et que nous propose-t-on?
Une frénésie d'engagements militaires dans des contrées éloignées qui ne demandent qu'une seule chose: que la France et son humaniste  gouvernement s'occupe de ses pauvres, de ses jeunes désorientés, de son unité nationale ébréchée.


Pour qui nous prend-on? Pour qui nous prenez-vous!!!


Les bons sentiments, mis en avant à l'appui de cette frénésie guerrière, cachent mal une fuite en avant qui révèle un pays à l'image de la majorité de ses citoyens, désargenté, recroquevillé sur lui, perdu dans le désert sans boussole.


Que nous propose-t-on?


Le limiter le nombre de noirs et d'arabes dans le football professionnel, avec la bénédiction de Mr "Laurent lave plus Blanc" que nous citons, "Qu'est-ce qu'il y a actuellement comme grands, costauds, puissants. Les Blacks (...) Je crois qu'il faut recentrer, surtout pour des garçons de 13-14 ans, 12-13 ans, avoir d'autres critères, modifiés avec notre propre culture (...) Les Espagnols, ils m'ont dit : "Nous, on n'a pas de problème. Nous, des Blacks, on n'en a pas".


Mais pour qui nous prend-on? Pour qui nous prenez-vous!!!


Des naïfs n'ayant pas compris que le sport de haut niveau n'était aucunement un moyen d'intégration, mais une voie de ralliement à ce système méprisable, racialiste et créateur d'exclusion?


Pour qui nous prend-on? Pour qui nous prenez- vous!!!


Pensez-vous que nous voulons pour nos enfants cette richesse insolente et arrogante, acquise au prix d'une acculturation et d'un ralliement à des valeurs qui maintiennent la majorité des nôtres en marge de la société?


Pour qui nous prend-on, Pour qui nous prenez-vous!!!


Puissiez-vous trouver la paix...
 Des gibiers de potence? Des nègres ou des bougnoules justes bons à garnir les rubriques "faits-divers-tissants" de médias bien souvent affabulateurs, relais de la voix du maître?
Bouna et Zyed la police les tue, la justice les enterre: une forme d'intégration à la française... La justice en France n'a même plus deux vitesses! Pour nos enfants, elle n'en a qu'une seule, la marche arrière qui mène tout droit vers le déni...


Qui veut nous faire prendre les vessies pour des lanternes?


Chanter la marseillaise lorsque l'on se sait indésirable n'est qu'un pis-aller, une preuve d'embrigadement que nous vous remercions d'éviter aux nôtres.


Que nous propose-t-on?


Une gauche déconnectée de sa base, gangrenée par une lutte de vieilles-fausses gloires, hésitant entre une aile vaguement sociale et une cuisse du fric fmisante, partie outre-atlantique réviser ses classiques pour mieux les appliquer ici.
Vous prendrez l'aile ou la cuisse?


Mais que nous propose-t-on??


Un ex-animateur d'émission de télévision mainstream, écolo-bobo, qui n'a pour seul viatique une vacuité conceptuelle n'ayant d'égale que sa méconnaissance des enjeux sociétaux, couplées à une image de marque de lessive.


Mais pour qui nous prend-on? Pour qui nous prenez-vous!!!


Au sabordage de l'état social organisé par Nicolas Sarkozy et son équipe de second couteaux démagos, la gauche, dite de gouvernement, ne propose qu'une société de bons sentiments, un "État bisounours", pour mieux nous endormir, pour mieux nous mener vers les rivages de la terre promise, Libéraland.

L'alternative: Mélenchon?  Soyons sérieux!
Lui l'ex-cacique de cette maison socialiste, devenu sur le tard, bien trop tard, contempteur déclaré de ce capitalisme financiarisé mis en place, en partie, par son ex-formation politique, qui étrangle chaque jour un peu plus le petit peuple.

Jean-Marine Le Pen? Héritière de cette droite allègrement antisémite et foncièrement raciste, recyclant Jaurès dans une tentative pathétique et hypnotique de rallier la classe ouvrière?
Qu'ils sont loin du compte tous ces politiques de métier. Les fiches sur la déshérence sociale préparées par leurs petites mains, issues pour la plupart, des mêmes quartiers et écoles que cette élite qui nous brime et nous méprise, ne peuvent suffirent à traduire le profond malaise qui caractérise notre société. Elles ne relatent de l'exclusion que ce que des chiffres déshumanisés concoctés par de savantes machines à brasser du vent peuvent expliciter, pas notre réalité.


Pour qui nous prend-on? Pour qui nous prenez-vous!!!


2012 ressemble pour nombre d'entre nous à un coup pour rien. Voter pour assurer une rente publique à ce personnel politique qui feint de s'écharper sur les plateaux télé ou par presse interposée, mais qui dans le dos de l'électeur lambda se sourit et se congratule, est hors de question, hors de propos, au-delà de nos forces.


Pour qui nous prend-on? Pour qui nous prenez-vous!!!


Les saltimbanques ont déjà dressé le chapiteau où se tiendra le grand cirque, la kermesse indigeste qu'est devenu l'élection présidentielle.
Au clown triste on nous opposera un clown blanc. En toute vérité ce sketch éculé ne fait plus rire personne. L'illusion comique ce n'est plus Corneille, c'est cette coterie de rastignacs balzaciens, près à tuer père et mère pour jouir du pouvoir.
S'inscrire dans ce mouvement grand-guignolesque, ne peut-être un choix. Remplir l'urne, n'est plus un devoir aujourd'hui, c'est une auto-punition, une auto-flagellation qu'on nous impose. C'est donner une légitimité aux politiques qui ne manqueront pas de nous faire poser un second genou à terre.
N'attendons pas de poser une main, puis deux, avant de tenter de nous relever.
Objectivement, le vote du second tour, le plus en adéquation avec l'écoeurement que suscite cette vie politique étrangère à nous mêmes et à nos intérêts, est le vote blanc.


Alors que nous reste-t-il?


La résignation, l'acceptation docile de coups de plus en plus lourds, de plus en plus rapprochés sur nous et nos destinées? Non, la mise en place d'une alternative cohérente, véritable bouclier contre cette dérive vers le plus d'argent pour les mêmes, le plus de dettes pour les autres, est non seulement possible mais nécessaire. Contre la vieille France mythique et revancharde, matérialisée par le discours réactionnaire repris à des degrés divers par les chapelles ou citadelles du pouvoir, doit se dresser une nouvelle France, celle réelle, que nous connaissons, que nous vivons et faisons vivre.

Cette nouvelle France ne se fera pas sans nous, ni â coté de nous. Elle ne pourra se faire qu'avec nous et par nous. Nous avons compétence détermination et légitimité pour la dessiner et l'ériger. Ne laissons pas voler nos rêves par de peu scrupuleux marchands de sable. Affirmons-nous.
Car la France c'est nous aussi, n'acceptons plus de vivre dans sa périphérie, qu'elle soit urbaine, sociale ou politique.


N'acceptons plus...


N'acceptons plus les cases prédéterminées, celle du beurgeois devant vendre son âme et brader sa foi pour pouvoir manger dans l'arrière-cuisine, n'acceptons plus la case du black-bounty esthète de la sape, bon danseur, revendicatif pour sa seule personne pour avoir droit à la caresse du système, n'acceptons plus la case du petit blanc décomplexé, autorisé à manifester sa crainte des lendemains qui déchantent en empilant les poncifs racistes. Sortons des chemins battus et arpentés par cette caste plus préoccupée de son parcours vers l'enrichissement personnel et sa propre gloire que par le bien commun. L'honneur, la fierté, la lutte pour ce qui est juste ne sont pas devenus de vains mots.

Le temps de l'affirmation est venu, sans faux semblants, sans compromissions, sans négation de soi. L'avenir nous appartient, allons donc le chercher, lui qui nous revient de droit.
Une fois n'est pas coutume nous citerons notre président qui nous a si bien ouvert les yeux. En cœur répétons, apprenons et chantons: "Nicolas Sarkozy ne peut mentir lui qui dit tout est possible"...


Ahouansou Séyivé

1 commentaire:

  1. Dominique Lefebvre30 avril, 2011

    Le sentiment d'exaspération monte inexorablement...

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