"L'avenir n'est fait que d'incertitude. Humains et éphémères, nous l'oublions trop souvent". Ahouansou Séyivé

vendredi 30 mars 2012

Mali : CEDEAO, sombre reflet de l’Afrique…


La crise malienne est arrivée à point nommé pour souligner l’inutilité et la perversité ontologique de la CEDEAO (Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest), dont les limites et insuffisances se révèlent aujourd’hui au grand jour. Alors que le Mali fait face à une double crise (menace de sécession  islamiste) et institutionnelle (coup d’état mené par des militaires ignorants, caricatures de l’absence d’un véritable état de droit), la CEDEAO fait montre de ses manques de légitimité et de pouvoir. 


Pouvait-il en être autrement, quant à sa tête siège un imposteur, maitre-ès rébellions et criminel de masse, lui-même installé à la tête de la Côte d’Ivoire par le truchement de l’action de la France putréfiée par le Sarkozysme, elle-même missus dominicus d’une communauté internationale, expression de l’hégémonie occidentale ? Aussi se pose la question de sa légitimité et de son poids politique. 
Des factieux, fossoyeurs de l’Afrique tels que le brigand Alassane Ouattara ou l’assassin Blaise Compaoré ont-ils suffisamment d’autorité morale pour présider à la restauration d’un ordre constitutionnel préempté par une soldatesque de demi-lettrés ?  
Ont-ils suffisamment de poids politique et de respectabilité pour dispenser et des cours de démocratie ? 
Eux qui ont accédé au pouvoir par les mêmes moyens, illicites et immoraux. 
Eux qui ont les mains dégoulinantes du sang de leurs compatriotes? 
Il est évident que la réponse négative s’impose. 
De quel droit le peuple malien, aujourd’hui victime de l’incapacité prédictive de sa classe politique, et au-delà, de celle des Etats de la sous-région en matière géostratégique, pourrait-il accepter de recevoir de leçon de bandits de grands chemin et autres excréments du tout politique africain ? 
Le demi-tour de l’avion d’Alassane Ouattara le Jeudi 29 mars, empêché d’atterrir à Bamako pour cause de manifestation sur le tarmac de l’aéroport, est l’illustration de la considération dont jouit le préfet-sident ivoirien en Afrique de l’Ouest…



La CEDEAO n’est qu’une coquille vide, celle d’un œuf pourri, pondu par un démon, calque irréfléchi du déni de la souveraineté populaire occidentale (la vision du fonctionnement anti-démocratique des institutions européennes qu’il singe de façon éhontée est à ce titre éclairante). De ce terreau impie, où germe une vision politique supranationale dévoyée de l’Afrique de l’Ouest, que peut-il émerger à part gesticulations et déclarations de principes sans effets alors que le maître blanc n’investit pas ses moyens de coercition comme il a pu le faire en Côte d’Ivoire ? Rien, comme il est aisé de constater jour après jour, au fil des développements de la crise malienne. Que peut-on attendre de ce corps mort, repaire de présidents mal élus, d’assassins et de violeurs avérés de constitution ? Rien également. 
Et pourtant, au même moment, des combattants islamistes soutenant les bandits touaregs conquièrent ville après ville, dans un pays aux mains d’une junte pathétique et grand-guignolesque.  



L’équation était pourtant simple à résoudre et peut-être souhaitée. Les métastases de la guerre scélérate menée par un Occident criminel en Libye, ne pouvaient qu’atteindre le Mali. Les bandits touaregs, acoquinés à l’internationale terroriste islamique, alliée objective de l’Occident, ayant fui une Libye, dévastée et désormais morcelée, avec armes et bagages, avaient vocation à troubler l’équilibre du Mali. Seuls les chefs d’Etat de la sous-région, doigt sur la couture et obéissants laquais de l’Occident, ne l’avaient pas compris. 
En livrant Khadafi aux présidents-voyous Barack Obama, David Cameron et Nicolas Sarkozy, ils condamnaient la sous-région à des guerres de moyenne ou basse intensité, coûteuses en vies humaines. 
Les Etats toujours fragiles nés des indépendances, au motif d’un respect aveugle du principe d’intangibilité des frontières que le simple bon sens ne pouvait que réprouver, ne pouvaient qu’en payer le prix. 
Il est difficile de surcroit de ne pas deviner l’ombre d’une France moribonde en Afrique, derrière les revendications sécessionnistes du Mouvement national pour la libération de l’Azawad, ayant pignon sur rue et l’oreille des autorités parisiennes. 



Le tableau est aujourd’hui alarmant. L’Etat malien n’est pas ou pas grand-chose, les rebelles touaregs et leurs alliés terroristes de l’AQMI, qui ressemblent étrangement à un bras armé de l’Occident, ont investi la ville de Kidal dans le Nord-Ouest du Mali et se rapprochent de Tombouctou. 
La CEDEAO est bien entendu aux abonnés absents, tandis que la situation se détériore inexorablement. 
Alors qu’un Etat malien fort et déterminé aurait dû répondre par une riposte militaire, sans merci et radicale, à la sédition islamiste et terroriste, les institutions sont en sommeil, bloquées par une équipe d’imbéciles en treillis, incapable d’assumer un commandement militaire adéquat. 
Quelle va être la réaction des ectoplasmes gérant la CEDEAO ? 
De quels moyens militaires celle-ci dispose-t-elle pour ordonner une action militaire ciblée et nécessaire à l’expression inquiétante du fondamentalisme islamique, créée et financée depuis de longues années par les services secrets occidentaux, menaçant à présent l’Afrique de l’Ouest ? Ses pays membres, incapables de faire face aux besoins essentiels de leurs propres populations peuvent-ils financer une expédition militaire, dont l’Afrique de l’Ouest ne peut se passer ? Vont-ils miser sur un pourrissement de la situation et une médiation occidentale, synonyme de diktat post-conférence de Berlin, amenant à une gestion des affaires continentales à l'instar de ce qui est advenu en Côte d’Ivoire et en Libye ? 



Les politiques menées en dépit du bon sens par les élites africaines ces trente dernières années, leur soumission à l’Occident, sont là explicitées sous leurs aspects les plus crus. Voici donc les causes désespérantes et semble-t-il inchangées : l’absence de prise de décision et de prospective le dispute à un bradage des souverainetés africaines aux volontés de maîtres extérieurs. Elles entrainent les mêmes effets et consacrent les mêmes victimes: les populations civiles et le développement de l’Afrique. Les grands enfants-dirigeants, maquereaux de la terre africaine, responsables mais non comptables, ont une fois de plus démontré la nécessité de leur remplacement et d’un changement de paradigme des politiques internes et internationales devant prévaloir sur le continent.



Des réponses ne pourront être apportées qu’à moyen, voir long terme. 
Parallèlement, la situation dramatique frappant le Mali demande à l’évidence une réponse immédiate et énergique. Elle ne viendra certainement pas, ou ne sera pas du fait des Etats africains, trop faibles et dépendant de volontés extérieures. Les mouvements et la gestion de populations martyrisées par les combats et fuyant ces derniers, seront sans aucun doute de la responsabilité de ceux-là même qui les auront provoqués, de façon directe ou indirecte, par leur volonté hégémonique en Afrique. 
Les pantins de la CEDEAO misent de toute évidence sur une reprise en main de la désormais adoubée « Communauté internationale », du moins lorsque celle-ci le jugera opportun. La crise institutionnelle malienne elle, sera réglée à la vaille que vaille. Qui se soucie du fait que les élections prévues dans quelques semaines aient été renvoyées aux calendes grecques ?  Qui se soucie que des pieds nickelés pitoyables aient pris de force le commandement de l’Etat malien ? Qui se soucie de la situation des habitants du pays ? Autant de questions qui ne trouveront de réponse que dans l’empirisme et l’à-peu-près, selon une tradition bien établie sous les cieux africains par une classe dirigeante indigne et incompétente.



La CEDEAO, en ne répondant pas à ces interrogations, perd le peu de crédit que seuls les fous pouvaient encore lui accorder. A l’instar de l’UA(Union Africaine), elle est l’expression des insuffisances africaines et l’image fidèle reflétée par le miroir du temps d’un échec continental, visant à l’édification d’un modèle politique puisant ses sources dans une histoire institutionnelle et politique exogène. Alors que les BRICS, réunis à New Delhi, planchaient sur une alternative à la gouvernance mondiale imposée par l’Occident, au moyen de la mise en place d’institutions bancaires concurrentes du FMI et de la Banque Mondiale, chargées de financer les projets de développement des pays du Sud, l’Afrique n’en finit toujours pas de sortir du bourbier dans lequel ses indépendances factices et téléguidées l’ont plongé. 



La guerre civile malienne et la crise institutionnelle qui en est le fruit, devraient amener à une réflexion approfondie du principe d’intangibilité de frontières héritées de la décolonisation, et surtout de la bonne gestion des entités politiques, nationales et supranationales africaines. Une Afrique sans tête est de l’intérêt de ses anciens et toujours présents maîtres, pas de celui des africains. Sans cadre de pensée général, seuls les errements passés seront dupliqués, à l’exclusion de toute amélioration du sort des populations. Cet objectif, finalité de toute action politique réfléchie, est délaissé sans aucun scrupule par nos  (ir)responsables politiques. Il nous faut donc nous en débarrasser tout en posant les bases d’une vision du continent progressiste et ambitieuse. 
La fatalité est une impasse. Prenons-en conscience…



Ahouansou Séyivé

mercredi 21 mars 2012

Au-delà de toute instrumentalisation, de toute psychose et de tout amalgame…


La peur s'est introduite par effraction dans la campagne électorale. Elle sera sans aucun doute la grande gagnante du scrutin présidentiel à venir. Le débat public définitivement pollué, va sans doute laisser la place à l’émotion et l’instrumentalisation de tout bord. La question sociale, l’inexorable montée de la précarité et de la paupérisation d’une part de plus en plus importante des français ne trouvera certainement pas la place qu’elle mérite dans le débat public, et ne sera pas abordée sereinement. 
Mohamed Merah, un jeune français de 24 ans en aura décidé autrement.




Étonnement...


Il est trop tôt pour dresser un portrait psychologique du responsable présumé des tueries de Montauban et de Toulouse. Il est trop tôt pour expliquer les raisons d’actions violentes que personne ne pensaient possible en France, il n’y a pas une semaine. 
Toujours est-il qu’il est sidérant d'apprendre que les motivations de ces actes seraient le désir de venger les morts d’enfants palestiniens, l'opposition à la présence militaire française en Afghanistan et le port de la burqa. 
A quel moment avons-nous perdu le fil de l’édification du récit commun, pour qu’une situation dans laquelle la France ne joue aucun rôle puisse radicaliser un de nos citoyen, n’ayant lui-même aucun lien avec ladite situation ? Pour que des choix politiques que chacun peut contester dans le cadre démocratique (que ce dernier soit satisfaisant on non) le soient par les armes et la violence?
Les images surréalistes de l’assaut donné par les forces de l’ordre à 3h10 ce matin*passent en boucle, elles resteront dans la narration collective comme le moment où une certaine idée du vivre ensemble et de l’intégration à la française aura volé en éclat. 
Il faudra du temps, de la pédagogie et un véritable sens du bien commun à la classe politique française pour en réunir les morceaux épars et tenter de les recoller. Les ingrédients du mélange détonnant ayant abouti à ce drame ne manqueront pas d'entraîner défiance et mise à l'index d’une partie de la population qui n’en demandait pas tant. 
Pensez-vous! un franco-maghrébin, salafiste et djihadiste ayant effectué de nombreux voyages au  Pakistan et en Afghanistan, est le meurtrier froid et déterminé de trois militaires et de quatre membres, dont trois enfants, de la communauté juive.



Questions et réponses...


C’est la preuve, que ne manqueront pas d’exhiber les plus cyniques d’entre les responsables politiques et intervenants des médias, de la justification de leur sentiment de défiance à l’égard de l’Islam et de ses pratiquants. 
Nul ne pourra le nier: il sera difficile de faire entendre la voix de la raison à une opinion publique naturellement émue et consciencieusement conditionnée par de trop nombreux dérapages ayant émaillés la chronique des ces dernières années.
Il sera difficile de lutter contre la défiance et le rejet. 
Les questions, jusqu’à lors mal posées, ne pouvaient qu’appeler de mauvaises réponses. 
Il est à redouter, alors que la nation est en état de choc et que la campagne électorale bat son plein, que de plus mauvaises questions soient posées dans le débat public. 
Il est de fait quasi certain que les solutions apportées viseront uniquement à rassurer (symboliquement) et non pas expliquer, ni permettre de comprendre. 
Rassurer en langage politique signifie réprimer, raffermir la sanction et le contrôle, limiter les libertés publiques. Il est également à craindre que les amalgames remplaçant l’explication et la compréhension, attisent les braises de la désunion et du repli sur soi. 
Le débat présidentiel qui se durcissait déjà va prendre un tour plus droitier, quoi qu’on en dise.
La société française qui se délite lentement en subira les répercussions. 
Des communautés qui se regardaient en chien de faïence risquent de s’écarter plus encore...



Un responsable, des responsables...


Il va pourtant falloir qu’un effort soit fait pour ériger un projet de société commun, amenant la redéfinition du cadre national, afin que chacun puisse y trouver une place et s’y sente à sa place. 
Il n’est pas concevable qu’un conflit extérieur, dans lequel la France n’a pas d’implication soit la raison d’un déferlement de haine et de violence entre citoyens français. 
Il n’est pas acceptable que ce même conflit impacte la campagne électorale précédant l’élection présidentielle. Il est encore moins acceptable que l’on puisse s’en prévaloir pour justifier la haine, la violence ou un discours stigmatisant. 
Il faut l’affirmer avec force, le tireur est seul responsable de ses actes. 
Il faut l’affirmer avec autant de force, nous sommes tous responsables de la société dans laquelle grandissent nos enfants. 
Partant, le climat de défiance, de liberté de la parole raciste, quelle qu’elle soit, est de notre responsabilité à tous.



Trois mots...


Liberté-Egalité-Fraternité, pour peu qu’on se reconnaisse dans cette devise, n’est pas un but atteint, mais une utopie qu’il est impératif de chercher à atteindre chaque jour. 
Aux invectives, à la haine et la stigmatisation doivent faire place l’acceptation de l’autre, elles doivent faire place au civisme et au dialogue. 
La communautarisation insidieuse de la société française a fissuré cette dernière au-delà de ce que rapportent médias, politiques et intellectuels populaires. 
Le rejet devenu soudainement politiquement-correct et que l’on a accepté, auquel on s’est accoutumé et qui s’est imposé comme une normalité participative de l’identité nationale, a creusé des failles béantes et profondes dans ce que l’on nomme par convenance et habitude, la communauté nationale. 
On est en droit de se demander s’il ne faut pas plutôt évoquer des communautés nationales. Chrétienne, musulmane, juive, athée, riche, modeste, pauvre, originaire des centres villes, de la province et des quartiers ségrégés, de souche, issue de l’immigration…



Chaque chose à un prix...



Nous avons accepté la division imposée par le discours politique, non pensée par le peuple, nous allons en payer le prix. 
Le prix sera moins élevé que celui acquitté par les familles de victimes, mais préparons-nous à payer un prix fort.

Un sursaut citoyen et l’introspection individuelle sont un passage obligé : la France ne sera pas championne du monde de football à chaque coupe du monde. 
A ce titre, une nation, qui, se rassemblant dans la liesse pour mieux s’éparpiller lorsque vient la difficulté, ne tient que par des liens artificiels est n'est qu'un songe. 
L’implication citoyenne doit être le curseur contraignant les politiques de tout bord à modifier la perception qu’ils peuvent avoir du corps social, car il est plus que douteux que l’exemple puisse venir d’en haut. 
Refuser le storytelling de la fatalité, de l’essentialisme d’une certaine violence, d’une haine de la société, prétendument consubstantielle de l’imaginaire certaines populations déterminera la société que les français décideront de reconstruire. 
Refuser la mise à l’écart de la vie citoyenne et politique, refuser l’auto-apitoiement et la fatalité d’une citoyenneté de seconde zone sont les étapes liminaires et fondamentales d’une redéfinition d’une citoyenneté bien souvent mise à mal.



Au nom des victimes...



Les sept victimes de cette violence injustifiable (qui doit être disséquée pour être comprise et combattue à la racine et non dans ses métastases) ne peuvent être un simple témoignage de la dissolution du vivre ensemble. Au contraire, leur mémoire doit inciter chaque citoyen à participer à la mise en place d’une société apaisée. Le fondamentalisme n’est pas une réalité française, n’en déplaise à une Marine Le Pen, se sentant prête à mener une croisade antimusulmane, et qui n’a pas attendu la fin de l’assaut des forces de l’ordre pour lancer des anathèmes. 
Les médias, qui vont surfer sur la vague fondamentaliste pour se faire pardonner d’avoir mis en avant une piste néo-nazie, participeront sans nulle doute à un combat insidieux, menant à une restriction des libertés publiques et une confiscation du débat électoral. 
Il va falloir aujourd’hui plus que jamais lutter contre la peur, la division et la dictature de l’agenda politique. C’est la citoyenneté de toutes et tous dont il est question. 
Et cela, au-delà de toute instrumentalisation, au-delà de toute psychose, au-delà de tout amalgame…



*Assaut toujours en cours 




Ahouansou Séyivé





jeudi 15 mars 2012

La CPI ou la gouvernance mondiale en marche…

La CPI, ou Cour Pénale pour Indigènes...
De façon symbolique et prévisible, le premier verdict rendu par la Cour Pénale Internationale, le mercredi 14 mars 2012, a visé un ressortissant africain, Thomas Lubanga Dyilo. Ce dernier a vu sa culpabilité reconnue «pour crimes de guerre consistant à avoir procédé à la conscription et à l’enrôlement d’enfants de moins de 15 ans et à les avoir fait participer activement à des hostilités du 1er septembre 2002 au 13 août 2003».
D’aucun se féliciteront de cette avancée décisive vers un monde plus juste, plus sûr et certainement plus humain. Il serait plus exact d’y voir une avancée décisive et attendue de la mise en place d’une justice a-universaliste, expression de l’instrumentalisation de la protection des droits humains, par les têtes de pont d’un mondialisme se déclinant selon l’acception franc-maçonne. 

Que l’on use des mots de gouvernance mondiale ou de Nouvel Ordre Mondial pour décrire le lent processus visant à imposer le mondialisme prosélyte de l’élite occidentale, on ne pourra pas échapper à ce constat : le cadre d’un ordre global se pose de manière plus qu’évidente avec la première condamnation prononcée par la cour de la Haye.  
Un avertissement se formalise également. Après l’incarcération partisane de Laurent Gbagbo, cette décision est la matérialisation d’une menace planant sur les dirigeants africains. 
Ceux qui ne suivent pas les préconisations ou oukases des maitres occidentaux iront fissa grossir les rangs des bagnards hollandais. 

Les satisfécits de l’inutile chef de la diplomatie européenne, La baronne Catherine Ashton of Upholland «Le verdict aujourd'hui de la Cour pénale internationale (...) représente une étape décisive pour la justice criminelle internationale», d’une administration américaine hypocrite et malfaisante, pataugeant dans le sang de civils irakiens et afghans, pour qui cette condamnation est «un moment historique», marquent la reconnaissance par les élites occidentales du timing excellent de leur projet globalisant.



Le mondialisme pour horizon…



Parler de l’imposition d’une gouvernance mondiale est s’exposer aux quolibets des tenants de la pensée unique, contradicteurs et détracteurs de ceux que l’on nomme complotistes. 
Il y a cependant une différence entre mettre à jour le sens caché des décisions et réalisations de ceux qui décident de la marche du monde, et énoncer péremptoirement qu’un complot formé au sein des élites vise à asservir l’humanité. 
D’ailleurs, parler ici d’un complot, projet secrètement concerté à plusieurs contre des personnes et des institutions, entre puissances occidentales serait user d’un raccourci inepte et non-éclairant. 
A l’opposé évoquer une convergence de vues, quant à la mise en place d’un mondialisme bénéficiant à certains groupes évidemment occidentaux et pro-occidentaux, est faire preuve de lucidité. 

Fastidieux serait le recensement des faits matériels, évidents et vérifiés, établissant cette convergence de vue. Au-delà de manifestations visibles et de ses structures ayant pignon sur rue (Bilderberg, CFR aux Etats-Unis, le Siècle en France etc…), cette alliance objective se lit dans l'organisation des structures internationales et leurs politiques, telles que perceptibles par le commun. 
ONU, Banque Mondiale, FMI, UNESCO et aujourd’hui CPI ne tendent qu’à la mise en place d’un monde unifié. Pour des raisons géostratégiques intelligibles par tous, des forces s’opposent à cet agenda. La Chine, la Russie et leurs alliés des BRICS adoptant une autre lecture, rejettent l’unipolarité induite par ce dessein et plaident pour une multipolarité, source naturelle d’équilibre.  

Cette analyse ne souffre que peu la contestation, mais toujours est-il qu’en la dénaturant, en ne rebondissant que sur certains termes et en les positionnant tel l’arbre cachant la forêt, on s’empressera d’escamoter l’essentiel. Il existe indéniablement une volonté des élites américaines et européo-atlantistes de mettre en place une gouvernance unique, quelle que soit sa forme par ailleurs, imposant aux hommes vivant sur cette planète la globalisation, expression de la conception maçonnique du gouvernement de l’humanité.



Une cour illégitime, négation de la souveraineté étatique…



La CPI, mise en place par le statut de Rome signé le 17 juillet 1998 et officiellement créée le 1er juillet 2002, s’inscrit sans équivoque dans cette dynamique. 
Comptant aujourd’hui 120 Etats-membres, elle manque totalement de crédibilité. Les Etats-Unis, qui paradoxalement aiment à s’en servir comme épouvantail, afin de terroriser les dirigeants (notamment des pays africains) résistant à leur imperium, n’ont toujours pas ratifié ses statuts. 
On s’explique aisément pourquoi! 
Nombre de ses dirigeants, anciens ou actuels ne dépareraient pas dans le box des accusés de la Cour de la Haye. 

Cette farce internationale n’a de fait aucune légitimité, à part celle que chacun voudra bien lui reconnaître. 
Son acceptation populaire repose sur le recours obscène à une sensiblerie de roman de gare, à des justifications pseudo-humanistes ne résistant pas à l’examen de l’histoire des politiques internationales (passées, présentes et sans aucun doute futures) de ses promoteurs occidentaux. 
Le fait qu’elle soit autorisée à rendre des verdicts contraignant en matière criminelle est un élément décisif participant à l’érosion, et par conséquent à la déconstruction du principe de souveraineté des Etats. 



Une abdication intolérable…



La compétence de juger est un pouvoir régalien par essence. Admettre qu’une autorité extérieure puisse statuer sur le sort de ses propres ressortissants, en raison d’infractions commises sur le sol national, est l’acceptation volontaire d’un abandon de souveraineté. 
Plus encore, elle est l’acceptation de la conception d’une autorité (judiciaire en l’occurrence) mondiale, pas supplémentaire vers la gouvernance du même nom. 
On comprend que les commentateurs aux ordres et chantres de l’idéal du mondialisme maçonnique, célèbrent sans coup férir la moindre décision de cet organe nocif, pernicieux et attentatoire aux droits des Etats les plus faibles. 
Il n’y a pas plus de justice dans le monde grâce à l’action de la CPI  qu’il n’y en a dans les visées internationales impérialistes américaines et européennes. 
La CPI n’est une avancée que si l’on considère la gouvernance mondiale comme un objectif à atteindre

Les chefs d’Etats africains, a-nationalistes, anti-panafricains par définition, ayant signé les statuts de cet organe de domination, sont au mieux des benêts, au pire des traîtres. 
Une Afrique déjà soumise n’avait nulle besoin de s’entraver volontairement les mains! 
Y a-t-il des conseillers en géostratégie dignes de ce nom dans les équipes gouvernementales de l’Afrique du Sud, Bénin, Botswana, Burkina Faso, Burundi, Cap-Vert, République du Congo, République démocratique du Congo, Comores, Djibouti, Gabon, Gambie, Ghana, Guinée, Kenya, Lesotho, Libéria, Madagascar, Malawi, Mali, Maurice, Namibie, Niger, Nigeria, Ouganda, République centrafricaine, Sénégal, Seychelles, Sierra Leone, Tanzanie, Tchad, Tunisie, Zambie, autant de pays en liberté surveillée, ayant pourtant accepté de ratifier le statut de cette excroissance judiciaire nauséabonde, expression non pas d’un humanisme universel triomphant mais de la volonté hégémonique d’une minorité occidentale ?



Un droit à l’information…



Nous ne croyons pas, ne voulons pas, nous vomissons l’uniformisation planétaire sur une base occidentale et maçonnique
Nous ne croyons pas dans une justice internationale qui n’a de justice que la forme, mais qui n’est que la matérialisation de la mise au pas des plus faibles et des plus récalcitrants. 
Il est désolant de noter que pour bon nombre de décideurs africains, la cause est entendue : l’Afrique et les africains doivent s’aplatir et obtempérer sans réfléchir face aux admonestations du maître occidental. 

Il est pourtant du devoir des responsables politiques continentaux d’éclairer leurs populations sur implications de cet abandon de souveraineté. Les populations africaines ont le droit d’être informées des conséquences que représente le fait d’accepter librement la férule judiciaire de la CPI, à plus forte raison dans un contexte de globalisation occidentale et maçonnique. 
Les peuples africains doivent accepter ou refuser, librement et en conscience, de s’y fondre. 

Laissons de côté la rhétorique infantilisante des ONG et autres mouvements faussement humanistes (incarnation de la bonne conscience occidentale et plaie de l’Afrique), prônant la lutte contre l’impunité de dirigeants sanguinaires (et bien sûr nègres), agitant la protection des droits de l’homme, explications mises en avant pour perpétuer la domination occidentale. 
Concentrons-nous sur l'essentiel…



Se réapproprier les rênes de nos destinées…



L’histoire des peuples s’inscrit sur un temps long. 
La volonté de solder les comptes historiques dans l’immédiateté est un contresens. Le dévoiement des idées de justice et de réconciliation nationale, ne doivent pas amener les africains à brader leur souveraineté, leur honneur, l’écriture de leur propre histoire au motif du rendu de la justice

Les juges de la Haye n’ont aucune légitimité, aucune, pour dire le droit au sujet d’infractions ayant été commises dans des pays africains. Incidemment, ils n’ont aucune légitimité, aucune, pour prendre part à l’édification de la narration historique des peuples africains, en statuant sur les responsabilités de tel ou tel responsable politique ou chef de guerre. 
Accepter cela, équivaut à abandonner le peu de responsabilités étatiques que les Etats africains réussissent tant bien que mal à conserver.  
Accepter cela revient à déléguer à d’autres la rédaction de son propre récit historique. 

Déléguer en cette matière exprime la résignation des élites africaines, là où il faudrait pourtant combattre ! 
Il n’est pas ici question de plaider pour une impunité généralisée, loin de là. 
Il est au contraire souhaitable de renforcer la coopération continentale, au moyen de traités organisant l’entraide judiciaire. Ainsi il serait permis aux victimes africaines d’exercer droit de suite et poursuites judiciaires à l’encontre de ceux ayant planifiés, couverts et participés à des crimes de masses, et ce, à l’échelle nationale et continentale, au lieu que de transférer cette obligation à des organes internationaux partisans, garant d’un mondialisme de mauvais aloi.



Comprenne qui pourra…



Le besoin justice, la volonté de concorde nationale ne doivent pas entraîner abandon de souveraineté et inféodation. 
Que les Etats-Unis n’éprouvent pas le besoin de juger des criminels comme Georges Bush, Richard Cheney et Donald Rumsfeld ne nous importe guère. 
Que les peuples irakiens et afghans ne puissent traîner ces assassins devant leurs juridiction nous désole. Cependant, ce ne sont pas là justifications suffisantes pour entériner un délitement des prérogatives des Etats,  l’abdication de la fierté et l’abandon de la rédaction des récits historiques, politiques et juridiques des peuples africains. 

Dénoncer les statuts de la CPI est une décision non seulement nécessaire mais impérative pour les pays d’Afrique. On ne peut prôner l’autonomie continentale tout en tissant de son propre chef les filets dans lesquels celle-ci se retrouvera inévitablement enserrée. 
La condamnation de Thomas Lubanga Dyilo, le procès à venir de Laurent Gbagbo sont autant de faits empiriques de nature à faire germer une réflexion poussée quant à la nécessité de renforcer la coopération judiciaire entre Etats africains et une refonte des conventions d’extradition, voire de compétence juridictionnelle en matière de criminalité de masse. 
La sortie du cadre juridique de la CPI n’est plus à penser,  elle s’impose intellectuellement et politiquement. Seuls les dirigeants africains n’ont pas saisi cela. 
Comprenne qui pourra…




Ahouansou Séyivé

mardi 6 mars 2012

Lettre à BHL.


Courrier envoyé à Bernard-Henri Levy par commentaire interposé (suite à un appel lancé par lui, demandant une intervention militaire en Syrie sur son site "La règle du jeu"), qui à la vision de cette vidéo infamante et inacceptable : http://www.youtube.com/watch?v=yuCJcaQRIuA et au regard de la récente déclaration d’indépendance de la Cyrénaïque, il ne prend que plus de relief.




M. Bernard Henri-Lévy,



Vous n'êtes qu'un bien triste sire. 


Lorsque vous vous cantonnez à votre rôle d'intellectuel superficiel, fasciné par sa propre image et vacuité (rôle qui vous sied comme un gant), vous ne représentez qu'une nuisance mineure.



Mais lorsqu'il vous vient à l'idée de jouer les promoteurs de l'ingérence humanitaire, expression de l'impérialisme occidental, vous devenez nocif, mortel même, pour des personnes qui ne vivant pas en France, ont la chance immense de ne rien connaitre de votre prose ampoulée et de votre "pensée" qui n'en est pas une. 



Après avoir été la caution morale de la criminelle intervention menée par l’OTAN en Libye (pour laquelle, vous avez recueilli les miettes d'une gloire aussi vaine qu'insignifiante), vous reprenez votre bâton de pélerin-pinpin, pour appeler à une intervention militaire en Syrie.



Un couard de votre espèce, ne risque rien à jouer les va-t’en guerre. Les combats mortels, les vrais, auxquels un homme de votre acabit ne pourrait assurément participer, se dérouleront bien loin de Saint-Germain-des-Prés, de ses repères de brigands-philosophes, d’intellectuels de pacotille, imposteurs de la pensée et commensaux des banquets médiatiques.



Combien de morts innocents faudra-t-il de par ce monde, pour que votre insatiable vanité soit comblée? 

Combien de massacres perpétrés en notre nom par nos forces armées, faudra-t-il pour que votre pseudo-conscience, votre répugnant humanisme de salon, se réveillent?



Foin d'envolée lyrique sur les glorieux combattants de la liberté libyens !

Ce ne sont que barbares et brigands pour la plupart, anciens djihadistes membres d'Al-Qaida pour certains, qu'aujourd'hui poitrine et plume au vent, vous nous fourguez, tel un commercial dénué de scrupules placerait sa marchandise de pacotille auprès de petites gens subjuguées par son bagout. 



Voilà la Cyrénaïque déclarant son indépendance.

Voilà un petit aperçu des agissements de vos amis libyens, au sujet desquels vous demeurez bien silencieux: http://www.youtube.com/watch?v=yuCJcaQRIuA
Est-ce cela que vous souhaitez pour le peuple syrien?



Rendez un service à ces pauvres gens, contentez-vous de pondre vos ouvrages de philosophie pour les nuls, ne vous mêlez plus de politique internationale !

En plus de n’y rien connaitre, vous entrainez la France dans les bas-fonds de la réflexion géopolitique la plus abjecte.





Bien mal à vous,




Ahouansou Séyivé


PS: Ayez cette fois un tant soit peu de courage intellectuel, respectez la liberté d'expression (dont vous vous réclamez, lorsqu'elle vous permet de squatter ondes, journaux et émissions télévisées).

N'effacez pas au bout de deux jours un commentaire qui ne flatte pas votre ego surdimensionné.

C’est "La règle du jeu" en démocratie...







dimanche 4 mars 2012

Soyons réalistes, exigeons le possible!


Il est aisé de porter un regard rétrospectif sur l’histoire contemporaine de l’Afrique noire, de dresser bilans et constats accablants portant sur les agissements de tel ou tel dirigeant corrompu, agent de la globalisation se dissimulant derrière un progrès économique illusoire et étouffant son peuple.
Il est loisible de condamner un Occident prédateur et violent, obérant le développement du continent, et condamnant une large part de l’humanité, si ce n’est à la misère, du moins à  la précarité. 

Reconnaissons-le, cela est loin d’être suffisant. S’opposant à l’asservissement, à la violence et la prédation occidentale, que sont devenues les forces de proposition des élites africaines ? 
Face à une mondialisation, expression de la volonté normalisatrice des élites occidentales et établie selon l’arithmétique criminelle des marchés financiers, quelle est l’alternative économique et civilisationnelle proposée par l’Afrique ? 
Quelle est la réponse, la contre-révolution mise en œuvre, d’un point de vue conceptuel, découlant des postulats de la pensée africaine? 
Il est malaisé d’en dresser un tableau didactique qui se dressant comme un horizon subversif, s’opposerait à une vision de l’homme, réduite à la simple expression d’agent consumériste et imposée par la pensée dominante émanant de paradigmes occidentaux.

Il serait judicieux de dépasser le simple bilan de l'emprise multiséculaire, fondée sur un avantage technologique (à bien des titres superficiel), manifestation d’une volonté nietzschéenne de pouvoir, que les plus «réalistes» exhibent comme raison unique et principale du retard paralysant le continent africain. 
Ne nous voilons pas la face: la soumission des peuples africains, est aujourd’hui pour bonne partie, à mettre au débit d’élites inconséquentes et peureuses, n’ayant pas acceptées les responsabilités qui étaient les leurs. 

Face à un Occident défendant ses intérêts, la logique eut été l’opposition d’intérêts divergents. 
Cette opposition, traduction de rapports de pouvoirs, certes disproportionnés dans leur globalité, ne peut se réduire à la description de rapports de forces défavorables à l’Afrique noire. 
La véritable explication est à trouver dans la démission d’une élite, incapable d’assumer ses prérogatives naturelles. L’Afrique postcoloniale ne peut se résumer à une synthèse d’hommes de pouvoir serviles et  manipulés depuis Paris, ayant pris en main les destinées de territoires nouvellement affranchis. 
Au-delà d'une géopolitique de l'Afrique vue à travers ce prisme réducteur, se dessine la faiblesse morale et idéologique d’une caste ayant préempté les destins de peuples jadis accablés par le travail forcé, les ponctions en tout genre et ayant apporté plus que leur écot à la libération d’une France, ersatz de mère-patrie, collaboratrice-asservie par l’Allemagne nazie, ingrate et structurellement raciste.

Évacuons ce passé révolu, la simple mise à l'index des dirigeants d'hier est datée et insuffisante. 
Excepté de trop rares figures de la mythologie africaine contemporaine, les points de repères de la lutte émancipatrice sont non seulement rares, mais souvent invisibles.

Le recours au culte des glorieux combattants d’antan est l’excuse qui permet aux intellectuels d’aujourd’hui de ne pas s’impliquer significativement et efficacement, dans le combat pour l’indépendance continentale. 
Que l’on considère l’action politique de Laurent Gbagbo d’un œil bienveillant ou non, la question centrale posée de façon liminaire par l’ex-chef d’état ivoirien reste lancinante. 
Sommes-nous disposés à rester sous le joug des institutions internationales telles que le FMI ou la Banque Mondiale? Accepterons-nous sans limites le diktat français du franc CFA, largement, voire totalement inspiré par le nazisme monétaire. Subséquemment et primordialement, acceptons-nous sans broncher, l’ordre juridique international, incarné par la CPI et imposé par les puissances occidentales, ayant pour fondement un racialisme ontologique, perceptible par tout africain conscient ?


Les intellectuels, garants des syncrétismes de la pensée africaine, de ses déclinaisons en tant que force de proposition, sont mis face à leurs responsabilités. Il est inutile de revenir sur les souffrances des populations africaines: leur matérialité est plus que perceptible. 
La question est simple et évidente : que proposent-ils ? 
Cette interrogation et sa réponse matérielle restent la pierre d’achoppement, l’alpha et l’oméga de toute pensée globale permettant la mise en place de politiques, violentes ou pacifiques, amenant à l’indépendance du continent noir. 

A un Occident acceptant de sacrifier sa classe moyenne, terreau de son dynamisme économique et de son pacte social, résolu à durcir ses relations avec les peuples dit faibles, quelles sont les orientations induites par les décideurs politiques africains, inspirées par les réflexions de ceux qui détiennent en sus de l’autorité morale, l'autorité intellectuelle, ceux qu’il convient de nommer les sachant ? 
A vrai dire, elles se font toujours attendre. 

L'élite intellectuelle africaine, se perdant dans des combats d’arrière-garde ou de petits coqs, ne se retrouve que sur un point : dresser le constat d’une classe dirigeante déliquescente passée ou présente, que bien souvent elle ambitionne de rallier ou de séduire. 
Mais quid de la satisfaction à moyen ou long terme de besoins des populations ? 
Alors que certains en Occident, dans une volonté sempiternelle d’imposer un modèle applicable à tous selon une conception verticale, pensent une décroissance blanche, l’Afrique reste avare de solution globale, ne serait-ce que continentale. 

Quelle peut-être l’importance de chiffres de la croissance africaine s’ils ne traduisent qu’un copié-collé du tout consumériste occidental, d’une compétition faussée entre agents économiques et citoyens africains ? L’eldorado illusoire que nombre d’africains rencontrent en arrivant en Occident, est-il celui qu'ils souhaiteraient trouver sur leur sol natal ? 
La disparition des solidarités, incarnée par l’affaiblissement de ce que l'on définit comme étant l’Etat-providence et l'absence de politiques de redistribution des richesses, est-elle le nouvel horizon africain ? 
La soumission aux marchés financiers, ayant amené la Grèce à détruire durablement son tissu économique et social, est-elle l’avenir envisagé pour les enfants d’Afrique ? 
Sous couvert de développement et de démocratie, les Etats Africains doivent-ils succomber aux sirènes du tout libéral et du tout marchand ? 

Le bonheur, la liberté et l’épanouissement se trouvent ailleurs que dans la possession d’une  tablette I-pad ou l’alignement sur la décadente société consumériste occidentale. 
Malheureusement l’élite intellectuelle africaine, «diasporisée» ou non, est présentement incapable de proposer des solutions philosophiques et économiques s’écartant d’un alignement symétrique sur l’Occident, car trop occupée à vouloir être adoubée par celui-ci, par frilosité ou manque d'audace. 
En panne d’inspiration, certains de ses membres adoptent même une position figée et passéiste et se réfugiant derrière la figure tutélaire de Cheikh Anta Diop, prônent de façon inepte un retour à l’âge des pyramides et des pharaons, qui s’il a bien été nègre, appartient à une histoire révolue. 


Faire vœux de modernité n’est pas forcement singer l’Occident. De la même manière, faire vœux de syncrétisme noir n’est pas revenir à l’âge des pyramides, ni adopter un patronyme fleurant bon la momie embaumée il y a trois milliers d’années. 
La voie n’est ni symétrique, ni médiane, ni celle d'un positionnement négatif, simple "noircissement" des postulats occidentaux, elle se doit d'être révolutionnaire au sens de radicalement nouveau.
Elle doit être celle d’une Afrique innovante assumant son paradigme, unie dans sa pluralité et combattante, décidée à opposer non seulement une résistance résolue à l’Occident et à ses sirènes, mais aussi et surtout à imposer un modèle concurrent, non fondé sur l’accumulation de capital. 
L’exemple des conséquences en Libye et en Syrie de l’acceptation mimétique de ce modèle , par des pays arabes se contentant de se courber devant le dieu dollar, devrait servir de repoussoir efficace.


Les cassandres et esprits chagrins exciperont toujours de difficultés purement factuelles, d’insurmontables points de détails ne tenant qu’à la personnalité de tel ou tel théoricien. 
Mais à la vérité l’Afrique tient son destin entre ses mains, non par parce qu’un avenir radieux et hypothétique, gravé dans la roche des pyramides de Khephren ou Mykérinos s’offrirait à elle, non pas par la magie de l'africanisation des règles de l’économie libérale dressées par la Banque Mondiale, encore moins d’après les dynamiques commerciales univoques célébrées par les thuriféraires d’une Afrique soudainement sinisée. 

L’Afrique, berceau de l’humanité, porte les ferments de son émancipation et de son développement dans sa jeunesse, sève vigoureuse, ambitieuse et politisée, désireuse de se réaliser et de secouer le joug de la domination, qu’il soit occidental ou local. 

A cette force tellurique immense, il ne reste qu’à contrôler ses soubresauts, lui permettant de mettre au pas une intelligentsia encore indécise, oscillant entre compromis et rejet d’un modèle qui n’a d’universel que ses concepts les plus superficiels et aliénants. 

Elle se doit simplement, suivant l’exhortation du révolutionnaire Che Guevara, et soutenue par une élite intellectuelle audacieuse rajeunie et véritable force de proposition, d’être réaliste et exiger non pas l’impossible, mais un possible autre s'écartant de celui que la finance internationale et ses séides nègres cherchent à imposer…




Ahouansou Séyivé