"L'avenir n'est fait que d'incertitude. Humains et éphémères, nous l'oublions trop souvent". Ahouansou Séyivé

jeudi 26 juillet 2012

M. Le Président de la République Française, François Hollande...

M. Le Président, si nos souvenirs sont exacts, et ils le sont, le slogan de votre victorieuse campagne électorale était « Le changement c’est maintenant! ». Imaginez donc notre surprise, vous sachant hôte caressant d’Alassane Ouattara, dernier rejeton des relations incestueuses françafricaines, reçu avec les honneurs dus à son rang de chef d’état, certainement pas à sa criminelle personne.  

Par un retournement prodigieux du sens premier des mots et des valeurs, vous voilà soudainement continuateur des usages les plus vils et funestes de  vos prédécesseurs. 
Vous voilà hôte d’un despote abusivement présenté comme un démocrate et ami de la France.  
Les victimes du massacre perpétré dans le camp de déplacés de Nahibly à peine ensevelies, que voici M. Ouattara paradant à Paris, salissant l’honneur de ceux qui, ayant voté pour vous, se retrouvent indirectement liés à ce qu’il convient de nommer une forfaiture.


Une nouvelle fois les sacro-saints intérêts de la France priment sur les plus élémentaires préceptes de la morale. De si beaux préceptes, une si belle morale que vous défendez avec empressement lorsqu’il s’agit de soutenir des escouades, substantiellement composées de terroristes et djihadistes, que l’exquise langue germanopratine nomme combattants syriens de la liberté. 
Où est donc le changement, lorsque vous inscrivant dans les pas de Nicolas Sarkozy, vous légitimez l’illégitime, la barbarie et la dictature? 
Votre discours d’investiture, prononcé sous les lambris de l’Elysée, semblait pourtant clair : vous ne reconnaissiez aucune réussite notable au président Sarkozy. 
En accueillant M. Ouattara vous vous contredisez, puisque que ce faisant vous donnez quitus et apportez une caution à un de ses rares succès en politique étrangère : le coup d’état déguisé en intervention humanitaire ayant permis l’accession de M. Ouattara à la tête de la Côte d’Ivoire. 
Vous qui naguère, porté par l’air du temps, qualifiiez Laurent Gbagbo de dictateur infréquentable,  vous vous satisfaites paradoxalement d’une fréquentation aux pratiques autocratiques et sanguinaires autrement plus caractérisées en la personne de M. Ouattara.


Il est vrai M. le Président que le dire et le faire, la morale et les actes, notamment  lorsqu’il s’agit de politique internationale, coïncident rarement pour ainsi dire jamais. 
Pourtant, un virage de cette ampleur, un tel piétinement de principes soi-disant portés par la gauche, laisseront forcément des traces dans les têtes et dans les cœurs. 
Un virage de cette ampleur, un tel piétinement de principes soi-disant portés par la gauche, source de méprise sur votre personne, laisseraient à penser que vous n’êtes ni homme de parole ni homme de principes. 
L’Histoire qui observe et juge pourrait le retenir ainsi…


Vous n’avez, de surcroit, aucune excuse. 
Nous ne doutons pas un seul instant que vous n’ayez pris connaissance des rapports et comptes-rendus dont nous disposons nous-mêmes, sur la dramatique situation humanitaire prévalant dans certaines régions de Côte d’Ivoire, sur la mascarade de réconciliation nationale que joue le gouvernement de M. Ouattara, sur le déni démocratique que constitue l’exercice du pouvoir par ce dernier. Au risque de nous répéter, nous vous demandons : si Laurent Gbagbo était un dictateur infréquentable, qu’en est-il de son successeur ?

Les morts ne pouvant plus être ramené à la vie, nous œuvrons uniquement pour que justice passe. 
Nous œuvrons afin de saluer leur mémoire et laver notre honneur. Nous ne demandons pas à la France d’intervenir en Côte d’Ivoire. Les Ivoiriens, comme les autres peuples Africains, suffisamment piétinés et humiliés par Elle, sont assez grands pour se débrouiller seuls. 
Encore faut-il pour cela qu’on les laisse en paix… En ce sens, nous demandons à la France la cessation de son soutien à un pouvoir corrompu, meurtrier et antidémocratique, non par grandeur d’âme, mais par esprit de responsabilité. Car c’est la France et son armée qui ont installé M. Ouattara, ci-devant préfesident-dictateur de la Côte d’Ivoire. 
De surcroit, il serait de très bon sens de rapatrier les vestiges de certaines pratiques gaulliennes, reprises par tous les présidents de la Vème République. Ce que la vulgate plouto-diplomatique désigne comme les conseillers militaires, en fait la courroie de transmission de l’Elysée… 
Nous demandons l’arrêt du « soutien » économique de la France au gouvernement de M. Ouattara.
Une aide soutenant le peuple ivoirien comme la corde soutien le pendu, ou plutôt comme la laisse retient le chien, et ne profitant qu’au premier cercle d’un pouvoir autochtone exercé par une clique d’affairistes criminels.


Le déshonneur de l’action de l’armée française, M. le Président, nous poursuit depuis plus d’un an. 
Depuis lors, nous nous sommes employés à nettoyer cette tâche souillant notre conscience et l’image de la France, en demandant la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire sur l’intervention de la Force Licorne. 
Le 12 Juillet 2011, une proposition de résolution portant le numéro 3647 et visant la création de la susdite commission a été présentée par Mesdames les députées et Messieurs les députés Patrick BRAOUEZEC, Marie-Hélène AMIABLE, François ASENSI, Alain BOCQUET, Jean-Pierre BRARD, Marie-George BUFFET, Jean-Jacques CANDELIER, André CHASSAIGNE, Marc DOLEZ, Jacqueline FRAYSSE, André GERIN, Pierre GOSNAT, Jean-Paul LECOQ, Roland MUZEAU, Daniel PAUL, Jean-Claude SANDRIER et Michel VAXÈS devant la Commission de la défense nationale et des forces armées, matérialisant ainsi la mobilisation de femmes et d’hommes ayant soutenu cette action en signant la pétition que nous avions alors mis en ligne. (Voir ici et là)
Le moment, à l’évidence, n'était pas à la remise en cause de l’impérialisme à la française. Ses dégâts collatéraux n’intéressant guère nos députés (les ivoiriens ne sont pas leurs électeurs) et nos médias,  la torpeur estivale a fait le reste : la proposition, dédaignée par la Représentation Nationale, n’a pas eu de suite.


Il nous semble donc approprié, au regard de la fort embarrassante visite de M. Ouattara et du traitement honorifique dont il a jouit lors de son séjour, de relancer la demande auprès de la Représentation Parlementaire nouvellement élue. 
S’il n’est pas dans vos attributions, M. le Président, d’exiger la mise en place de cette commission, il est certainement en votre pouvoir de la freiner, voire de l’empêcher. Nous osons espérer qu’il n’en sera rien. Nous réitérons notre objection quant à la poursuite des relations militaires et d’échanges économiques, relents d’un colonialisme qui avance désormais masqué, caution française de la dictature d’Alassane Ouattara. Nous avons cru comprendre que dans votre pensée, les Africains sont des êtres responsables, capables de se prendre en charge seuls. Vous remerciant pour eux, nous attendons religieusement que vous mettiez vos décisions politiques en accord avec vos paroles. Vous sentant également attaché au lien vous unissant à vos concitoyens, nous espérons que respectant la tradition républicaine, et contrairement à votre prédécesseur, vous répondrez franchement à notre interpellation en apportant toutes précisions utiles sur le positionnement de la France quant aux violations des droits de l’homme politiquement organisées en Côte d’Ivoire. 
Violations dont est victime un de nos concitoyens, Michel Gbagbo, qui, moins infréquentable que ne l'est M. Ouattara, ne bénéficie pas de la prévenance et de la diligence de l’Etat français, alors qu’il est l’objet de traitements inhumains et dégradants dans le goulag ivoirien. (Voir ici et là)


Le changement, plus qu’un mot, est la volonté politique se traduisant dans les faits. 
Ne l’ayant pas encore observé, nous l’attendons encore. Etant du côté du droit et de la morale, celle intangible prescrivant le respect de la vie humaine et non pas de celle variable, s’ajustant  aux désirs des hommes de pouvoir, nous n’avons pour seul agenda que justice soit rendue aux victimes ivoiriennes des politiques amorales de la France, et qu’ainsi notre honneur citoyen soit rétabli. 
L’action « c’est maintenant » M. Le Président. 
Ne trahissez pas si tôt vos engagements, soyez l’homme que vous dites être : accordez vos décisions avec vos propos. 
Nous restons observateurs vigilants de l’évolution des rapports entre la France et l’Afrique en général, entre la France et la Côte d’Ivoire en particulier. 
Nous ne nous contenterons plus de l’enfumage sémantique usuel ou de la langue de bois institutionnelle. Aujourd’hui nous avons le regard clair et ne laisserons pas le temps et l’oubli faire leur œuvre. 
Soyez, M. Le Président,  assuré de notre foi et de notre détermination.

Paris le 26 juillet 2012,

Pour Alternatives et Cohérence

Ahouansou Séyivé

dimanche 8 juillet 2012

Le bal des mendiants.

Une belle brochette d'incapables...
Ils ne finiront donc jamais de nous couvrir de honte, pas plus qu’ils ne se lasseront de remplir nos cœurs de ressentiment, et de s’activer à prostituer notre continent. « Ils », ce sont les irresponsables qui mènent les destinées des pays d’Afrique de l’Ouest, formant le club privé le plus risible de la planète : la CEDEAO. 

A les contempler, eux et leurs gesticulations, s’impose une exigence : que d’éminents spécialistes des pathologies musculaires, nerveuses et mentales se penchent sur ce mal d’origine inconnue, frappant invariablement tout président d’Afrique de l’Ouest.
Il serait utile qu’il nous soit expliqué, à l’aide d’un diagnostic précis, la raison pour laquelle ces hommes présentent, tous sans exception, une dégénérescence entrainant le blocage de leur bras droit à l’horizontale, main tendue et la paume dirigée vers le ciel, dans une posture d’éternel mendiant. 
Quelle est l’origine de cette raideur articulaire, les saisissant en présence des représentants de l’ancienne métropole ou de la communauté internationale ? 
Quelle raison les amène à arborer, toutes dents dehors, des sourires serviles lorsque venant quémander, qui une aide militaire, qui un allègement de sa dette, ils n’obtiennent qu’une dette plus importante doublée d’un abandon supplémentaire du peu de souveraineté dont ils disposent à leur corps défendant ?


Cette métaphore, si elle peut prêter à sourire, traduit notre dépit chaque jour croissant, face à l’incapacité avérée de cette horde de nécessiteux pathétiques, hypothéquant l’avenir de la sous-région et par extension celui du continent, à régler la crise malienne. 
Très compétents pour la plupart, admirables mêmes, lorsqu’il s’agit de mater leurs propres concitoyens, habiles chefs de guerre quand il est question de massacrer femmes, enfants et hommes désarmés, les voilà démunis, nus comme tout bon roitelet nègre, face à quelques brigands barbus ayant l’objectif avoué d’instaurer l’Islam des Lumières Éteintes en Afrique Noire.
Que des hommes au front bas, au demeurant peu nombreux, interprétant le Coran à la hauteur de la barbarie et de l’arriération intellectuelle qui est la leur, puissent tenir tête à de si brillants stratèges ne manquant jamais l’occasion d’acheter des armes à qui leur en propose, est plus que désolant. 
Est-ce à dire que l’ECOMOG, groupement honni des forces militaires de la CEDEAO, n’est bonne qu’à terroriser, violer et tuer ceux qu’elle est supposée protéger?  


La débandade de l’armée malienne, qui toute honte bue, s’est attachée prioritairement à porter le coup de grâce à un gouvernement en état de mort cérébrale, n’est pas exempte de reproches. 
La junte, se préoccupant d’accéder aux maigres prébendes de l’Etat Malien, et d’obtenir pour le compte du capitaine Sanogo, sorte de Thomas Sankara lobotomisé, les avantages réservés aux ex-chefs d’état, a achevé de discréditer cette bande dépenaillée et désorganisée qui n’avait d’armée nationale que le titre.  S’en est suivie une pathétique pantalonnade, orchestrée par le brigand cravaté Alassane Ouattara ayant entrainé la Côte d’Ivoire dans la guerre civile, et opportunément nommé le 17 février à la présidence de ce corps débile qu’est la CEDEAO. 
On allait voir ce qu’on allait voir, les mutins s’étant saisi du pouvoir seraient promptement remplacés par un pouvoir civil transitoire, chargé de restaurer la démocratie (cette chimère), les irrédentistes Touaregs secondés par les barbus d’Ansar Dine et d’AQMI  (succursale d’Al Qaeda en Afrique), seraient pour les uns remis au pas, pour les autres renvoyés dans leurs pénates. Le Mali se verrait ainsi libéré, la légalité internationale restaurée.


Nous doutions alors de la pertinence de ce scénario, tenant plus du conte pour enfants que de la rationalité géopolitique. L’évolution de la situation a confirmé nos analyses. Les mois ont passé et nous voici, contemplant un Mali végétant dans le chaos, son président intérimaire réfugié en France, la fière Tombouctou profanée par de barbares barbus. 
Nos chers leaders, venant à tour de rôle implorer publiquement, main tendue comme il est de rigueur en de pareilles circonstances, le soutien des responsables de cette crise, rampant à genoux comme les va-nu-pieds qu’ils sont, quémandant une aide censée pallier leur impuissance.
Voilà donc M. Condé, président guinéen en audience le 2 juillet à Paris, sébile bien en vue, suppliant une France, qui de par la politique de gribouille impulsée par Sarkozy, et son action impérialiste criminelle en Libye, peut être considérée comme l’instigatrice indirecte de l’entrée d’islamistes en terre malienne. 
La realpolitik implique parfois qu’on agisse selon l’adage « La fin justifie les moyens », mais de là à manifester des signes de gratitude envers celui qui est la cause de vos malheurs, il y a un pas que nous ne pouvons franchir.  


Si dans ces matières, rien n’est évidemment simple ou binaire, nous sommes forcés de constater qu’ayant oublié leur déclarations martiales du début de la crise, les membres de la CEDEAO ont repris le rôle véritable qui est le leur, celui d’enfants apeurés demandant de l’aide à leurs parents (ONU et France).
Ce faisant, ils continuent de jeter le discrédit sur le continent et hypothèquent durablement son avenir, puisque pour que nos « amis » occidentaux décident d’intervenir, il faudra bien plus que l’envie de défendre le patrimoine architectural de Tombouctou, ou le désir d’assurer la sécurité des populations du nord-Mali, depuis des mois laissées démunies face à la violence islamiste. 
Il n’y a aucun doute à nourrir, l’intervention (si intervention il y a) ne se fera qu’au prix d’une contrepartie autrement plus couteuse pour les Africains que les courbettes ou les paroles doucereuses des chefs d’Etat de la sous-région adressées à une « communauté internationale » ayant généré le pandémonium libyen qui s’est par la suite délocalisé au Mali.


Fruit d’une conception bâclée, débouchant sur une gestion désastreuses des rapports internationaux, la CEDEAO, loin d’être le cadre dédié de résolution politique des heurts locaux, est devenu un accélérateur de particule à conflits sous régionaux, et plus grave, une PME florissante sous-traitant de façon désordonnée les politiques de l’ONU, du moins dans leur acception pro-occidentale. 
Monstre d’impuissance, incapable de mener à bien les missions qui devraient être les siennes, elle n’est en définitive que le miroir de l'incompétence de ses membres, les Compaoré, Ouattara et consorts. Il serait à cette enseigne, plus qu’édifiant de vulgariser l’action de ces deux putschistes complaisamment présentés comme étant des démocrates, dans le lent pourrissement de la situation prévalant au Mali. 
Ce n’est un secret pour personne, ces deux hommes n’ayant d’africain que l’apparence, véritables agents de l’étranger, coutumiers des jeux troubles en coulisses, ne sont jamais en reste de coups tordus et manœuvres déstabilisatrices. 
L’histoire rendra à César ce qui lui appartient et déterminera les responsabilités de chacun dans la crise majeure et pourtant prévisible ayant durablement déstabilisé le Mali.


Si l’histoire a son rythme, les hommes en ont un autre, et une seule interrogation demeure cruciale et obsédante : comment  résoudre cette crise à brefs délais? 
Actuellement le Mali est sans tête, divisé et voit une partie de ses enfants, maintenus sous le joug de terroristes. Parallèlement, aucune confiance ne peut être accordée au plan de sortie de crise, élaboré ce week-end à Ouagadougou en l’absence du président intérimaire malien, Dioncounda Traoré et de son premier ministre Cheick Modibo Diarra, plan n’étant en définitive qu’un concentré de «Y'a qu’à, faut qu’on...».  
Pour mémoire, nous reproduisons une déclaration de Ouattara, tenant plus de la méthode Coué que du volontarisme politique : «Nous ne pouvons tolérer la partition de ce pays frère qu’est le Mali; nous ne pouvons non plus accepter de voir se développer à nos portes un terrorisme destructeur, un important trafic de drogue et un extrémisme inhumain»
Rappelons au dictateur ivoirien que les islamistes d’Ansar Dine et d’AQMI n'ont que faire de ses imprécations qui ont vocation à demeurer paroles s’éparpillant dans l’Harmattan. 


Le communiqué final de la réunion du groupe de contact sur le Mali ne laisse pas d’inquiéter,  tant sa vacuité, son imprécision et son absence de mesures contraignantes se retrouvent dans le langue de bois employée : « Les "forces vives" [du Mali] [sont invitées] à procéder à des consultations et à formuler au président de la République par intérim des propositions en vue de la formation avant le 31 juillet 2012 d'un gouvernement d'union national , chargé d'appliquer "une feuille de route de sortie de crise ».
La CEDEAO a été appelée à "appuyer" le gouvernement de Bamako pour "organiser le retour au Mali" du président Traoré et "assurer sa protection et son intégrité physique". 
Des mots, toujours des mots, rien que des mots…  
Nous constatons sans surprise la persistance des symptômes décrits plus haut. En effet, le club des mendiants ne pouvait tenir session sans que mains ne soient tendues.
Le communiqué final exhorte Dioncounda Traoré « à adresser sans délai une requête à la CEDEAO et aux Nations unies en vue du déploiement d'une force de la CEDEAO pour soutenir l'armée malienne dans sa mission régalienne de défense du territoire national ».  
Les déclarations de Laurent Fabius évoquant sottement un Sahélistan et saluant la résolution prise par le Conseil de Sécurité le jeudi 5 juillet à l’initiative de la France et qui « fixe le cadre d'une solution politique globale au Mali et témoigne de la mobilisation de la communauté internationale », communauté internationale devant « mettre tout en œuvre pour lutter contre le terrorisme au Mali et au Sahel, qui menace de déstabiliser l'ensemble de la région », semblent justifier par avance une présence renforcée de forces militaires dont nous ne voulons plus sur notre continent.


Il est assez saisissant de remarquer l’emballement de la communauté internationale à l’annonce de la destruction du patrimoine culturel de Tombouctou. 
Mme Bensouda, nouvelle procureure de l’inutile et nocive CPI, évoquant à cette occasion des crimes de guerre, était apparue bien peu loquace lorsque que les violences étaient perpétrées contre les populations locales. 
Les atermoiements et l’incompétence des mendiants de la CEDEAO, aura un coût que le peuple malien paiera. La menace d’une suspension des instances régionales, planant sur le Mali, si d'aventure un gouvernement d'union nationale n'est pas mis en place d'ici au 31 juillet, ressemble à s’y méprendre à un premier acompte. 
Au-delà des agissements néfastes de la triplette Obama-Sarkozy-Cameron en Libye, l’absence de prospective, le manque de réactivité des membres de la CEDEAO est de nature à nous questionner. 
Leur incapacité les disqualifiant, le bien de nos pays commande à ce que nous les congédions au plus vite. Chaque jour qu'ils passent à la tête de leurs Etats respectifs est un mois qui s’ajoute au retard pris par notre continent.  
En plus de nous couvrir de honte en pleurnichant et rampant sur la scène internationale, ils ne font que céder les bribes de souveraineté limitée qui sont les nôtres depuis les pseudo-indépendances. 
Mendiants-fossoyeurs par essence, ils s’activent avec détermination et méthode à creuser le trou dans lequel ils ont trouvé l’Afrique.
Il est de notre intérêt  de sortir à brève échéance de cette fosse, pour les y laisser croupir et par la suite la sceller.



Séyivé Ahouansou

lundi 2 juillet 2012

Une autre voie...

Prévue initialement le 18 juin 2012 à La Haye, l’audience de confirmation des charges pesant sur l’ex-président ivoirien, Laurent Gbagbo, écarté du pouvoir avec la bénédiction de l’ONU par la France de Nicolas Sarkozy, coordonnant une coalition hétéroclite de politiciens locaux de réputation douteuse et de coupeurs de routes meurtriers, ironiquement baptisés FRCI, se tiendra donc le 13 août prochain.  


Noyée dans le flot continu de la désinformation annonçant une énième guerre impérialiste menée cette fois contre la Syrie, l’actualité judiciaire internationale en provenance des Pays-Bas sera traitée selon la traditionnelle grille de lecture libérant la parole mensongère, adoptée par les médias occidentaux, permettant une réécriture permanente de l’histoire et l’imposition d’un cadre idéologique, défavorable par essence, aux intérêts des peuples dit faibles. 
A ce titre il convient de poser un autre point de vue, le nôtre, militant avec détermination pour une approche rééquilibrant des rapports de force Nord/Sud iniques et amoraux.


Une nouvelle fois, au nom de grands principes systématiquement bafoués par les puissances occidentales depuis 1946 et la création de l’Organisation des Nations Unies, va nous être rejouée la comédie d’une justice internationale impartiale. On nous rappellera l’héritage de Grotius et le jus gentium, on nous rappellera Nuremberg et le procès de la brutalité nazie. On nous citera Charles Taylor et le Rwanda, symboles des horreurs de la « sauvagerie » africaine. On expliquera qu’il est uniquement question de dire le droit pour les victimes innocentes, du besoin impérieux de poser les jalons d’une autre humanité, plus noble plus apaisée et plus juste. 
Ce ne sont là à l’évidence que billevesées et formules creuses, la CPI, ce pseudo instrument de justice et d’humanisme, n’a de légitimité et d’autorité qu’autant qu’on daigne lui en conférer. Pour notre part, nous ne lui accordons aucune, sauf à l’assimiler à un triste théâtre où se joue la pièce tragi-comique de l’impérialisme occidental déclinant.

Les Etats-Unis, plus grande nation terroriste de l’histoire moderne, ne reconnaissent pas sa compétence et pourtant s’en servent dans l’imposition de leurs délires hégémoniques. 
A l’instar de leurs alliés occidentaux ayant ratifiés son statut, ils n’acceptent pas que l’on juge leurs dirigeants passés ou présents. Il est évident qu’ils n’accepteront pas que l’on juge leurs dirigeants futurs. 
Au nom de quelle justification les Africains se placent-ils sous sa férule, sans condition aucune, courant le risque évident de se voir sempiternellement transformés en jouet des ambitions du plus fort ? 


L'histoire a pourtant démontré et démontre qu’il ne devrait en être question. L’histoire nous apprend aussi que face à la transgression permanente des valeurs humaines fondamentales par les gouvernants occidentaux et confronté aux effets de la souffrance du plus grand nombre comme donnée indépassable de l’Ordre mondial en construction, seul un refus absolu doit être opposé aux oukases des émanations onusiennes dont la CPI est l’avatar judiciaire. 
Changer le monde et l'humanité est un vaste et beau programme, encore faut-il pour cela s’écarter de postulats passés et présents, obérant significativement toute velléité de recomposition de la scène géopolitique planétaire.

En tant qu’Africains, nous devons nous dépouiller des timidités et des freins, hérités d’une histoire violente et tourmentée, qui brident l’émergence d’une pensée générant les actions nécessaires et efficaces, entraînant la dynamique émancipatrice dont le continent a cruellement besoin.
Ces timidités et freins se sont récemment manifestés au travers des marques déraisonnables de satisfaction résonnant ici et là, concomitantes à l’annonce de la nomination de Fatou Bensouda au poste de procureure de la CPI, en lieu et place du sinistre Luis Moreno Ocampo, missi dominici zélé des puissances occidentales.  



Jouez hautbois, résonnez musette, elle est donc arrivée la Divine Négresse, archange chargé de répandre la justice aux quatre coins de la planète! Mais de quelle justice est-il question ? Une justice impartiale, frappant avec équanimité le faible et le fort, le pauvre et le riche ? 
Où une Thémis arborant un bandeau transparent, lui permettant de frapper avec justesse et précision un justiciable désigné par une main, qui loin d’être celle de la justice universelle, se révélerait simplement pro-occidentale? 
L’entente cordiale entre agents du néocolonialisme.



Doit-on encore se poser la question, alors que Mme Bensouda s’est d’ores et déjà  rangée du côté du dictateur Alassane Ouattara, lors d’une visite à Abidjan, le 3 avril 2012. (Voir ici
Lui qui n’est que le porte-drapeau d’une rébellion ayant ensanglantée la Côte d’Ivoire, et a été imposé à la tête de ce pays martyrisé par une France, qui jusqu’à présent, est mue par ses démons impérialistes en Afrique ? 
Fatou Bensouda se prétendant parangon d’impartialité (Je serai le procureur de tous les Etats membres d'une manière indépendante et impartiale), a donc, avant sa prise de fonction, posé les jalons de son ministère. 


Doigt sur la couture, elle sera la fidèle employée de ceux qui organisent ou financent le désordre international et accessoirement, payent ses émoluments. 
Pouvait-il en être autrement ? Etre fonctionnaire stipendiée, officiant au sein des organes représentant la décentralisation de l’impérialisme, ne peut amener à le combattre. 
Reconnaître le cadre oppressif et dédié de son expression, certes modernisé, ne peut amener à le contester. Par extension, se féliciter de l’intronisation d’une Africaine à la place d’Ocampo est commettre une erreur de raisonnement impardonnable. Ce n'est pas la couleur du contremaître de la plantation qui importe. Les coups de fouet sont, et demeureront réservés aux  faibles. L’autodétermination ne se gagnera pas en usant de raisonnements aussi tendancieux, faisant la part belle à un sentimentalisme ou à un panafricanisme de bas étage.


Quelles que peuvent être les déclarations solennelles de Mme Bensouda (La justice doit être la même pour tout le monde), ou sa détermination de façade à défendre la veuve et l’orphelin (Par ailleurs, nous sommes aussi en train de mener des enquêtes préliminaires en Afghanistan, en Géorgie, en Corée du Nord), elles ne peuvent empêcher l’observateur avisé de noter que le nouveau pantin nègre du mondialisme, n’a aucune pensée pour les criminels originaires des pays bailleurs de fonds de la Cour de justice d’opérette qu’elle est chargée de vendre aux foules africaines. 
Le calcul consistant à placer au poste de procureure une femme de couleur n’abusera que les niais. Tant que la CPI ne diligentera pas d’enquête sur les agissements américains en Irak ou Afghanistan, les exactions otaniennes en Libye, les crimes français en Côte d’Ivoire (nous nous arrêterons là, le chapelet des crimes occidentaux s’égrènerait sur des pages entières), Mme Bensouda ne bénéficiera nullement de notre respect et de notre allégeance, qu’elle soit africaine ou pas. Car c’est la force de ce colonialisme nouvelle mouture pratiquant l’Indirect rule, de s’octroyer sans finesse le soutien de contremaitres africains fidèles et zélés, en flattant leur égo d’hommes et de femmes fondamentalement complexés, prêts à tout pour jouir d’un statut ou d’une place éminente au sein de ce qu’il convient de nommer le White men’s world


S’il arrive aux plus belles roses de pousser sur des champs de fumiers, aucune ne peut éclore sur celui de cet Ordre mondial, labouré par des puissances occidentales ruinées, structurellement inégalitaires et historiquement expansionnistes.
Vient le moment où l’on nous objectera à raison :« Mais alors que faire ? ». La réponse s'impose d'elle-même, puisque parée des atours de l’évidence. 
Les hommes et femmes de bonnes volonté, ayant l’ambition d’une Afrique autre, effectivement libérée de ses chaines, ne contraignant pas ses enfants à l’exode, pour qu’on les humilie et les maltraite en sont conscients (les exemples récents des manifestations racistes, dans la Chine chère à M. Pougala ou en Israël, doivent entrainer une remise en question fondamentale des inefficaces politiques de développement imposées à l’Afrique). (Voir ici et là.
L’Occident agressif, prédateur et égocentrique, ainsi que ses démembrements politiques, économiques et aujourd’hui judiciaires sont à combattre sans hésitation et avec la dernière énergie.


Comment les combattre efficacement ? Il nous faut aujourd’hui, africains, mettre en place un nouveau cadre idéologique et cependant pragmatique, qui, à l’instar du mouvement des non-alignés impulsé par Jawaharlal Nehru à la Conférence de Bandung en 1955, bousculera un ordonnancement mondial ne laissant à l’Afrique et aux Africains que la place du perdant, de la victime ou du soumis. 
Il est temps pour notre génération de prendre ses responsabilités et d’imposer dans le combat des idées et ensuite dans l’arène politique une opposition renouvelée, constructive et utile. Elle ne peut être que le fruit d’une mise en synergie de forces vives visant le même but : la libération et pragmatiquement le mieux-être des populations locales. Au-delà des formules rebattues d’un certain panafricanisme, n’ayant pour finalité que de dissimuler l’absence d’un projet concurrent à celui de l’Occident déclinant, et dans lequel la jeunesse africaine pourrait se reconnaitre et s’investir, il est de notre devoir de réorganiser la pensée, non seulement de l’Afrique mais des Africains.
En d'autres termes: dépasser les vieilles lunes d'une fraternité ontologique des peuples noirs, pour imposer le rayonnement du soleil d’un renouveau, susceptible d’apporter les réponses concrètes aux attentes des hommes et des femmes du continent. 


La redéfinition de nos Etats et de leurs missions en tant qu’entités administratives en est un exemple pratique. Il nous faut, ensemble, re-calibrer et rediriger nos positionnements et actes posés, notamment du point de vue géopolitique, avec pour objectif d’amener les gouvernants continentaux de demain, à promouvoir, assumer et défendre les besoins des populations africaines. Les échecs répétés de l’UA et de la CEDEAO sur la scène internationale ont achevé de convaincre les derniers sceptiques de leur inutilité et impuissance génétiques.

Le cadre oppressif hérité de la colonisation, dans lequel l’Etat conçoit ses propres administrés comme des ennemis qu’il faut contenir, à la place de citoyens qu’il faut servir, ne peut plus perdurer. Les armées et polices africaines défaillantes, incapables de protéger leurs peuples, parce que conçues et pensées pour les réprimer, demeurent l’expression d’une schizophrénie, frappant originellement le colonisé, qui n’est pas encore guérie.

Se satisfaire de divisions économiques et politiques, plongeant leurs racines dans l’abomination coloniale ne peut, non seulement nous convenir, mais aussi et surtout, être le gage du retour de l’Afrique à sa juste place au regard de ses potentialités réelles.
Seule une réinvention de ce que nous sommes, collectivement, à l’intérieur de nos frontières étatiques et continentales nous amènera à porter le fer là où il est nécessaire, c’est-à-dire sur la scène internationale. 

Le fond conditionnant la forme, cet effort colossal ne peut être éludé, c’est aussi là la seule voie à emprunter. 

Celle qui nous écartera de la justice partiale, factice et orientée qui s’abattra de nouveau sur l’un des nôtres, le 13 aout prochain et dont la nouvelle procureure de la CPI nous assure de la célérité…(Voir ici)




Ahouansou Séyivé